• Le loup et Dagniaux

    La raison du plus fort n'est pas toujours la meilleure :

    Nous l'allons montrer tout à l'heure.

    Un Dagniaux, depuis belle lurette, en toute humilité

    Vendait tranquillement ses pots de glace.

    Un Loup aux dents longues survient, peu loquace

    Et tout imbu de son outrancière avidité.

    Qui te rend si hardi de contrarier mon achalandage ?

    Dit cet animal plein de rage :

    Tu seras châtié de ta témérité.

    - Sire, répond Dagniaux, que votre Majesté

    Ne se mette pas en colère ;

    Mais plutôt qu'elle considère

    Que je me vas les vendant

    Depuis bien des ans,

    Et bien avant elle,

    Et que par conséquent, en aucune façon,

    Je ne viens gêner sa moisson.

    - Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,

    Et je sais que de moi, tu t'es moqué cette année.

    - Comment l'aurais-je fait, c'est ma langue qui a fourché !

    Reprit Dagniaux, Danaune n'est que chimère.

    - C'est donc bien toi, pauvre hère.

    - Je n'en suis point. - C'est donc quelqu'un des tiens :

    Car vous ne m'aimez guère,

    Vous, vos avocats et vos paroissiens.

    On me l'a dit : il faut que je me venge.

    Là-dessus, au fond des rayons

    Le Loup, sans autre forme de procès, en cela il dérange,

    Balaye la contestation.

     

    Le loup et Dagniaux

     

     

    La raison du plus fort n'est pas forcément la meilleure,

    Nous l'allons montrer maintenant.

    Les nouveaux en-cas que vous produisez monsieur le Géant,

    Par malveillance d'ailleurs,

    Vous en ferez ce que vous voudrez,

    Les rayons de vos coreligionnaires sont peut-être bien achalandés,

    Mais si demain, après-demain et les surlendemains,

    Leurs étalages sont désertés, leurs produits boudés

    Par nous autres les paroissiens,

    Vous connaîtrez de tristes lendemains.

    Vos palettes empilées,

    Vous vous les coltinerez.

    La raison tout court,

    Monsieur le Géant Goliath ; souvenez-vous de David,

    Plus puissants que les plus forts, peuvent être tous les petits David,

    La raison qui court, a toujours cours !

     

    Le loup et Dagniaux

     

    Monsieur Jean de La Fontaine, merci pour vos écrits (votre "Le Loup et l'Agneau") ; m'en suis permis une utilisation fantaisiste, pour la bonne cause !

    Vous savez, aujourd'hui, il en est de même, dans notre même bas monde ; là, c'est le gros Danone qui veut croquer le petit Dagniaux !

     


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